Aller au contenu

Pourquoi les recommandations changent, et pourquoi ce n'est pas un problème

Par · · 6 min de lecture

« Ils disaient le contraire il y a dix ans » est l'argument le plus utilisé pour ne rien suivre. Il mérite une vraie réponse plutôt qu'un haussement d'épaules.

La remarque revient constamment, et elle est légitime : certaines recommandations ont effectivement changé, parfois nettement. En tirer que rien ne vaut d'être suivi est en revanche une conclusion coûteuse.

Comment une recommandation se construit

Elle ne découle pas d'une étude mais d'une synthèse de l'ensemble des données disponibles, évaluées selon leur niveau de preuve, puis discutées par des groupes d'experts qui tiennent compte aussi de l'applicabilité et des effets indésirables potentiels.

Ce processus est lent, ce qu'on lui reproche souvent — et cette lenteur est précisément ce qui évite qu'une recommandation change à chaque publication.

Une recommandation n'est pas une vérité. C'est le meilleur compromis disponible à un moment donné, avec les données existantes.

Trois raisons de changement, très différentes

Distinguer le stable du mouvant

Tout ne bouge pas de la même façon. Certains éléments font l'objet d'un accord très large et depuis longtemps ; d'autres sont l'objet de discussions actives et changeront probablement encore.

Une bonne source signale la différence. Quand un article présente tout avec la même assurance, c'est en soi une information sur la qualité de l'article.

Ce que ça implique pour le lecteur

Deux réflexes suffisent. D'abord, vérifier la date de ce qu'on lit — dans ce domaine, un contenu non daté est inexploitable. Ensuite, remonter à la source institutionnelle plutôt qu'à sa reprise : c'est là que la version en vigueur se trouve, avec ses nuances.

Et accepter que la réponse honnête soit parfois « on ne sait pas encore ». C'est décevant à lire, et c'est infiniment préférable à une certitude fabriquée.

Article informatif. Pour toute question vous concernant, adressez-vous à votre médecin.

Portrait de Paul Lefebvre

Contributeur santé & prévention

Comment cet article a été produit